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USA : Comment régler le problème des machines à voter ?
Nicolas  23/07/2007 - 01:15           

Les démocrates américains se demandent bien comment régler le problème des machines à voter. Depuis la loi "Help America Vote" de 2002, le gouvernement a dépensé plus de 3 milliards de dollars pour aider les états à s’équiper de machines qui devaient permettre de rendre le vote plus fiable, car équipées d’un écran tactile.

Malheureusement, force est de constater, aujourd’hui, que, loin de simplifier le vote, elles font planer un vent de doute quant à leur fiabilité et leur sécurité. C’est pourquoi les représentants démocrates préparent en ce moment une loi qui permettrait d’y remédier. Idéalement, semble-t-il, presque tous les avis concorderaient pour préférer aux écrans tactiles, un système de lecture optique des bulletins papiers. Seuls les défenseurs des handicapés émettent quelques réserves sur la possibilité d’un vote autonome, notamment pour les aveugles, qui n’auraient alors plus la possibilité d’être guidés vocalement dans leur choix.

Les républicains invoquent les risques qu’une mise en application trop rapide engendrerait, d’une part, et le coût supplémentaire que cela ajouterait aux 3 milliards déjà dépensés, d’autre part. Face à ce barrage, cette loi, qui au départ devait obliger les états à utiliser ce nouveau mécanisme dès 2008, prévoit maintenant un remplacement progressif d’ici à 2012 et impose, en attendant, d’adjoindre aux machines actuelles une imprimante du même type que celle que l’on trouve dans les terminaux de paiement par carte bancaire. Cette impression, sur du papier trop fin, et trop sujette à des bourrages pour certains, devrait permettre un re-comptage éventuel voix en cas de contestation, principal problème soulevé par les machines actuelles qui ne permettent aucune vérification manuelle.

Certains démocrate se demandent aujourd’hui en quoi il est mieux de faire faire une dépense inutile de plus aux américains, en leur faisant payer des imprimantes qui ne seront utiles que pour une ou deux fois, et invoque que les seuls réels bénéficiaires seraient les fabricants de ces imprimantes dépassées. Il reste cependant clair que le principal problème apporté par les machines à voter est maintenant évident pour tous aux Etats-Unis, ce qui est une bonne chose pour la démocratie, mais que vu l’ampleur qu’a pris le problème là bas, il faudra attendre encore quelques mois avant de trouver un compromis convenable pour les parties en présence.

Et pendant ce temps là, que faisons nous en France ? Pas grand chose, si ce n’est une vague loi proposée par un député UMP en mal de reconnaissance médiatique mais qui n’a a priori aucune chance de trouver la moindre place dans un calendrier parlementaire déjà surchargé par notre ex ministre de l’intérieur. Les villes qui le souhaitent peuvent toujours demander l’autorisation à leur préfet de s’équiper de telles machines. Le règlement du ministère de l’intérieur n’est à notre connaissance pas en cours de révision et permettra donc toujours d’utiliser des machines empêchant de vérifier le vote et qui sont maintenant décriés dans la plupart des autres pays.

Début 2008 ce sont près d’une centaine de communes qui pourraient faire appel à ces machines non vérifiables. Alors que dans le cadre d’un vote d’envergure national ou impliquant plusieurs communes différentes, une manipulation des résultats pourrait être démontrée par des études statistiques, il n’y aucune barrière à une fraude massive lors d’élection municipale car il n’y a alors plus aucun échantillon contradictoire. Les maires, chargés par les préfectures d’organiser le vote dans leur commune, ont un accès libre à ces machines à voter. Ils peuvent donc, à loisir, faire modifier le logiciel des ordinateurs de vote pour leur assurer une réélection confortable. Il n’y a en effet rien dans le règlement du ministère de l’intérieur qui permette de s’assurer que les logiciels utilisés sont bien ceux qui ont été agréés. Ce n’est pas une mise sous scéllés après un éventuels sur un échnatillon réduit de votant [1], et encore moins l’impression d’une date de dernière modification hypothétique [2] qui peux le garantir.

Tout maire se faisant réélire dans une commune ainsi équipée laissera donc planer un gros doute sur sa légitimité. C’est à mon avis cher payer, juste pour faire croire en une modernité de façade, et ils feraient mieux d’avouer qu’ils n’avaient pas compris les risques encourus, que de laisser planer un tel doute en persistant dans leur erreur, internationalement flagrante.

Notes :

[1] On peut tout à fait imaginer que le mécanisme de fraude ne se déclanche que dans certains cas, basé sur le nombre de vote ou la durée par exemple.

[2] Il est toujours possible de reprogrammer l’appareil pour lui faire imprimer la même date que la version d’origine.

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